Une rare statue Soninke


 
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Soninké / Djennenké / (Dogon)
Mali. ca 13°-14° siècles
Bois. h. 82 cm

Importante sculpture masculine debout, le corps nu, dans une belle attitude sinueuse, le profil marqué par le puissant alignement des volumes du visage, de la poitrine et de l'abdomen, les bras plaqués le long du corps, les mains reposant sur le haut des cuisses. Le personnage porte un collier de larges perles, plusieurs rangs de bracelets aux poignets et une haute coiffe en ogive. La zone temporale entre líoreille et líoeil est marquée de trois rangs de grosses scarifications. Forte patine huileuse attestant d'un long usage dans un lieu de culte, accidents et manques visibles.

Provenance: Acquise de René Rasmussen.
Références bibliographiques:
J.Kerchache & V.Bouloré : "Sculptures" Musée du Louvre, Pavillon des Sessions. R.M.N. 2000.
H.Leloup : "Statuaire Dogon" ed Amez. 1994.


 
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Cette rare et importante sculpture s'inscrit dans un minuscule corpus d'objets dont les plus célèbres représentants sont la sculpture de l'ancienne collection Loeb acquise par les Musées Nationaux en 1977 (Vente Maîtres Loudmer et Poulain du 3 Décembre 1977 lot n° 7),  faisant aujourd'hui partie de la sélection présentée au Musée du Louvre en préfiguration du futur Musée du Quai Branly, et celle de la collection Barbier-Mueller figurant au catalogue de líexposition à la Fondation Mona Bismarck. Monsieur Vincent Bouloré, dans l'article qu'il consacre à l'ancienne statue Loeb dans le catalogue du Louvre aboutit à la conclusion que seules environ six pièces peuvent être attribuées à ce groupe. Celle-ci, apparemment encore inédite à ce jour vient compléter le panorama que nous pouvons avoir de la production de cet atelier.

Longtemps attribuées aux Dogon, les sculptures de ce style ont à la lumière des découvertes archéologiques dans le delta du Niger et de leur  manifeste parenté stylistiques avec les terres cuites de la culture dite ìde Djenné (attitudes, parures...) été attribuées aux Djennenké. Il semblerait aujourdíhui qu'il faille en chercher la création chez les artistes Soninké ayant cherché à représenter ainsi des fondateurs. 

Cette théorie d'une antériorité de ces sculptures à l'arrivée des Dogons dans la région s'est trouvée confirmée  par les mesures du Carbone 14, la sculpture du Louvre étant datée du 13° siècle, celle de la collection Barbier-Mueller du 14°. 

Malgré quelques différences logiques, un faisceau de convergences stylistiques et iconographiques permet d'envisager que cette sculpture puisse être de la même main que celle de l'ancienne collection Loeb, et donc attribuable à l'artiste remarquable qui pourrait être nommé le "Maître Soninké de la collection P.Loeb" pour reprendre l'expression de M. Bouloré dans le catalogue du Louvre.

Toutes les pièces appartenant à ce minuscule corpus présentent des dommages divers et toutes ont subi les outrages du temps au niveau des traits du visage les rendant le plus souvent difficiles à "lire". Celle ci n'ayant pas échappé à la règle, un de ses précédents propriétaires à pris le parti de faire pratiquer quelques rebouchages (apparemment réversibles), principalement visibles de l'arête du nez, à l'extrémité de la barbe.
 
 


Vendue 510 000 Francs (91 733 Euros)
le 28 février 2001
en collaboration avec l'étude Cornette de Saint Cyr

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Textes & images (C) Marie-Catherine Daffos & Jean-Luc Estournel 1997 - 2006